Un domaine de vin naturel
au cœur de la vallée de la Cèze

Une trajectoire avant les vignes

Après des études universitaires en géographie et aménagement du territoire, je me suis passionné pour les territoires agricoles et l’histoire des peuples qui les façonnent.

Cette curiosité m’a mené loin : en Inde, en Amazonie, dans les Andes, en Afrique de l’Ouest, puis sur les rives de la mer Noire. Partout, la même évidence s’imposait : l’agriculture est une culture au sens plein du terme, un lien direct entre l’humain, le sol et le temps.

Je me suis investi dans la viticulture dès 2013. J’ai appris aux côtés de vignerons bio et naturels, comme les frères Soulier et Valentin Vallès, en observant, en pratiquant, en questionnant.

En 2020, je prends mes premières parcelles et fonde le domaine, alors composé de 3,5 hectares. L’élan des premiers vins et leur diffusion me permettent aujourd’hui de cultiver 8 hectares de vignes, entourées de 4 hectares de prairies et forêt.

Rafaël et son chien Timba
Ciel avec plante

Les vignes et le travail des sols

Les vignes sont situées dans la vallée de la Cèze, à Sabran, dans le Gard. Elles sont majoritairement enracinées sur des sols argilo-calcaires, exposés nord-est, et composées de cépages variés : Syrah, Carignan, Grenache, Cinsault, Caladoc, Marselan, Viognier, Grenache Gris et Uni Blanc.

Ces cépages proviennent en grande partie de vieilles vignes âgées de 30 à 60 ans. Le travail est essentiellement manuel, avec une utilisation très modérée du tracteur. Les doses de cuivre et de soufre sont volontairement limitées afin de préserver la vie des sols.

Les intrants extérieurs sont réduits au strict minimum. Je privilégie la fabrication de fertilisants et de soins naturels à partir de plantes récoltées localement. Les parcelles sont entourées de haies et de forêts, favorisant la biodiversité, l’installation des oiseaux et la régulation naturelle des nuisibles.

Les vendanges sont réalisées à la main, en petites caissettes, pour respecter l’intégrité des raisins.

Valeurs et engagements

Faire du vin naturel et cultiver en agriculture biologique ne sont pas pour moi des postures, mais des évidences.

Nous sommes responsables de ce que nous transmettons. Les méthodes, les savoir-faire, la manière dont nous traitons les sols et le vivant engagent directement les générations futures.

L’agriculture porte une conscience collective : elle nourrit les peuples, façonne les paysages et conditionne notre rapport au monde. Il est vital de préserver des pratiques qui respectent les ressources plutôt que de les épuiser, et de produire des vins sains, vivants, nourrissants.

Vendangeuse dans la benne
Pieds sur une qvevri

En cave : laisser faire le vivant

La philosophie appliquée à la vigne se prolonge naturellement en cave.

Je cherche à produire des vins vivants, sincères, qui expriment leurs terroirs sans artifice. Aucun intrant œnologique, pas de soufre ajouté, pas de levures industrielles, pas de collage ni de filtration.

Les fermentations se font grâce aux levures indigènes, avec une surveillance attentive et une hygiène irréprochable afin d’éviter les déviances et de laisser le vin trouver son équilibre.

Les vinifications se font principalement par pressurages directs ou macérations carboniques, avec des élevages en cuves ou en fûts.

Les qvevris, un savoir-faire ancestral

Une part essentielle de mon travail s’inscrit dans un héritage ancien : celui des qvevri, ces grandes amphores en terre cuite, utilisées depuis des millénaires en Géorgie.

Enterrées dans le sol, elles permettent une vinification et un élevage naturels, sans contrôle artificiel de température, en parfaite interaction avec la terre.

Les qvevri offrent une micro-oxygénation douce, une stabilité naturelle et une expression singulière du raisin. Travailler avec ces amphores, c’est accepter de ralentir, d’écouter, de composer avec le temps long. Une approche ancestrale, mais résolument tournée vers l’avenir.

Dos plein de jus de raisin
Rafaël et Loéva au pressoir

Un domaine vivant, une aventure collective

Le domaine n’est pas une entité abstraite, c’est un lieu habité.

Ma compagne Loéva, graphiste et artisane textile, partage cette aventure au quotidien, tout comme Timba, notre chien, gardien officieux des vignes. Christophe, mon voisin bûcheron, est devenu au fil des saisons un membre à part entière du domaine.

Chaque année, une équipe d’une dizaine de saisonniers vient prêter main forte pendant les vendanges. Deux semaines intenses, rythmées par le travail manuel, les repas partagés, les discussions tardives et de grandes festivités. Une expérience humaine forte, indispensable, et profondément joyeuse.

À côté de la vigne, j’élève aussi quelques poules depuis plusieurs années. Un projet qui dépasse le simple plaisir personnel : je rêve de développer à terme une production d’œufs et de volailles “free range” de très haute qualité, intégrée à l’écosystème du domaine.